Bangladesh

Chaque année, entre 300.000 et 400.000 personnes de régions rurales, dont la plupart des femmes très pauvres, arrivent à Dhaka, capitale du Bangladesh en quête d’une vie meilleure.

Elles recherchent du travail dans l’industrie textile, volet important de l’économie du Bangladesh. La manufacture de vêtements y représente 76% des revenus totaux des exports nationaux. Grâce à cette industrie, le statut et le revenu des femmes ont augmenté de manière remarquable, mais avec un prix à payer : les femmes sont forcées de vivre dans les bidonvilles et doivent faire face à de nombreux problèmes : mauvaises conditions de travail et de logement, violences, pas d’accès aux soins de santé. Beaucoup d’elles perdent leur emploi lors de la naissance d’un enfant, parce qu’il n’y a pas de familles ou de garderies qui pourraient s’occuper des enfants lorsqu'elles sont au travail. Les enfants grandissent dans un contexte d’insécurité généralisée, avec des conditions d’hygiène très mauvaises et un manque de nourriture.

Comme la ville de Dhaka n’est pas en mesure de faire face à cette énorme croissance démographique, des bidonvilles se créent. Les habitants sont forcés de vivre dans des logements insalubres et dans des conditions extrêmement pauvres. Comme les bidonvilles sont généralement des implantations illégales, les infrastructures (électricité, eau courante, évacuation des eaux usées, transports, éducation, santé) mises en place par des entreprises privées sont très chères. Les familles sont souvent dispersées, les réseaux d’aide et de survie fondés sur les relations personnelles entre les gens se retrouvent cassées. En plus, les bidonvilles sont souvent des lieux dangereux qui entraînent la population vers la criminalité, la drogue et la prostitution. Pour les habitants des bidonvilles, les usines textiles offrent aux travailleurs une alternative pour améliorer leurs conditions d’existence. 

 

Mais dans l’industrie textile, les conditions sont tellement dures que les travailleurs n’y travaillent en moyenne que 12 ans. La pression exercée sur les travailleurs par les dirigeants des entreprises est énorme afin d’assurer que les commandes soient honorées dans les délais requis. Ainsi, les pauses sont souvent inexistantes. Aux risques de santé s’ajoutent des risques de sécurité, même si la situation s’est nettement améliorée après l’effondrement de Rana Plaza le 24 avril 2013 et dans lequel 1.100 travailleurs avaient été tués. Les conditions sont extrêmement dures mais les gens se disent heureux d’avoir un travail, qui, comparé à d’autres - comme le travail domestique - paye beaucoup plus, soit 6.000 Taka par mois ( environ 70 €).

Et les enfants?

Afin de pouvoir satisfaire les besoins élémentaires d’une famille, les deux parents doivent aller travailler. Dans d'autres cas, les femmes se trouvent seules avec leurs enfants et la pression est encore plus grande. De toute manière, le chef de famille est tiraillé entre deux choix néfastes : aller travailler dans les grande usines de production textile et laisser seuls ses enfants pendant la journée, ou bien renoncer à la possibilité d’avoir un revenu et ainsi plonger davantage dans une pauvreté extrême. Trop souvent, les enfants en âge préscolaire sont les perdants de cette situation désespérée. Ils grandissent dans la précarité, sans l'accompagnement d’un adulte pendant de longues heures, avec un risque d’abus ou d’accident très élevé. Les enfants ne reçoivent aucune stimulation. Souvent, ce sont les sœurs aînées qui sont obligées de rester à la maison avec les enfants plus petits ou bien d’aller travailler elles-mêmes pour augmenter le revenu du ménage. Dans ce cas les enfants aînés ratent leur propre éducation, travaillent dans des conditions abusives et risquent de ne jamais s’enfuir du cercle vicieux de la pauvreté. C’est pourquoi des possibilités de garde pour les plus jeunes enfants sont essentielles !

La solution? Des crèches!

Caritas Luxembourg soutient la mise en place de crèches pour les enfants de 1 à 5 ans. Le but est d’assurer le développement physique, émotionnel, cognitif et social des enfants et d’améliorer ainsi la situation sanitaire, d’hygiène et la sécurité sociale de 900 ménages. Dix crèches pour 200 enfants existent déjà, avec la participation de la communauté locale. Le personnel des crèches est directement recruté parmi cette communauté locale. 21 garderies au domicile de femmes ont également ouverts leurs portes, pour un accueil supplémentaire de 105 enfants. Le personnel bénéficie d’une formation. De plus, les femmes sont sensibilisées sur les soins à donner aux enfants, sur la protection dont ils doivent bénéficier, sur leur croissance physique et mentale ainsi que sur leur nutrition. Le matériel pédagogique nécessaire est mis à disposition.

La durabilité du projet et l’amélioration de la situation des familles sont garanties par le fait que les bénéficiaires reçoivent des formations et reprennent progressivement la responsabilité et le financement des crèches. En outre, le projet encourage les femmes sans emploi à créer leur propre crèche dans leur foyer , afin d'avoir un revenu tout en offrant à d’autres familles la possibilité de faire garder leurs enfants.

Les entreprises de l’industrie textile employant plus de 50 personnes sont forcées par la loi à mettre en place un système de garderie pour les enfants de leur personnel. A travers des actions de sensibilisation et de plaidoyer, les chefs d’usines sont sensibilisés à remplir leurs obligations et à répliquer ce modèle de garderie. Les usines travaillant en partie pour la chaîne de vêtements ZARA par exemple ont commencé à assumer leurs responsabilités vis-à-vis des employés et de leurs familles, ce qui représente déjà un progrès.  

Prévenir la migration

Etant donné le nombre important de personnes qui, au Bangladesh, migrent à l'intérieur du pays ou à l'étranger dans le but d'améliorer leurs conditions de vie, Caritas Luxembourg informe les potentiels migrants de leurs droits et les conscientise sur les risques auxquels ils s'exposent, notamment via des campagnes de sensibilisation, des bureaux d'information et un service d'aide téléphonique. Les femmes qui souhaitent partir travailler comme domestiques à l'étranger reçoivent également des formations sur leurs droits et leurs obligations, ainsi que des cours de langue. Ce travail préventif est complété par le suivi et la réintégration sociale et économique des migrants lors de leur retour. Un soutien psycho-social et juridique est également offert. 

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