Des transferts sociaux pour les perdants de la crise

Lundi 14 septembre 2020

Malgré les multiples efforts du gouvernement, les effets de la crise sanitaire sur la population et l'économie luxembourgeoises sont indéniables. Le chômage partiel, les aides aux entreprises, le maintien difficile de l’enseignement pendant le confinement, la prolongation du télétravail ou encore les tests Covid-19 à l'échelle nationale ne sont que quelques-unes des mesures prises par le gouvernement. Si chacun vit différemment les conséquences de la crise sur le plan social et psychologique, il  est incontestable que certaines personnes ont été affectées financièrement de manière plus importante que d’autres.

Parmi ces perdants de la crise on retrouve tout particulièrement les jeunes en fin de scolarité, les petits entrepreneurs, les indépendants, les artisans, les travailleurs à temps partiel, les chômeurs, les travailleurs temporaires ou ceux en situation non réglementée (le « travail au noir » du personnel de nettoyage, par exemple), mais aussi les ménages monoparentaux et les personnes ayant peu de soutien familial.

En même temps, en raison des mesures prises pendant la crise, d’autres se sont retrouvés "involontairement" gagnants. Certains ont, par exemple, pu profiter d’une sorte de congé parental rémunéré pendant la quarantaine en raison de la fermeture d'établissements d'enseignement et d’éducation. La possibilité de faire du télétravail à domicile tout en recevant l’intégrité de son revenu est un autre exemple de développement positif.

Ne serait-il pas opportun d'exiger une contribution de solidarité de la part de ces « gagnants de la crise »?

  • Une contribution de solidarité unique de 5 euros par salarié, par exemple, pourrait aider de nombreuses personnes et générer environ deux millions d’euros en un seul versement. Alternativement il serait également envisageable de prélever un impôt de solidarité sur les revenus correspondant, par exemple, à trois fois le salaire minimum, avec une répartition plus différenciée de la cotisation. 
  • une suppression de l'ajustement des pensions prévu en janvier 2022, déjà évoquée par d’autres, peut également être discutée dans ce contexte. Un seuil minimum du niveau de pension devrait cependant être fixé.

Afin de lutter davantage contre les injustices dans notre société, il est aujourd'hui plus important que jamais d'aider ceux qui sont menacés ou touchés par la pauvreté. L'aide financière aux ménages à faible revenu augmenterait le pouvoir d'achat de ceux qui sont dans le besoin. Comme ces derniers consacreront une bonne partie de cette augmentation du pouvoir d’achat à la consommation pour subvenir à leurs besoins fondamentaux, cette mesure profiterait également à l'économie et pourrait ainsi contribuer à contrecarrer, en partie, les effets de la récession.

Des transferts sociaux ciblés pourraient consister en :

  • un ajustement permanent de l'allocation de vie chère (après le doublement ponctuel déjà effectué pour 2020) ;
  • une augmentation des subventions aux loyers ;
  • l'adaptation des allocations familiales (comme promis depuis 2015) et ce dès maintenant et pas seulement à la fin de la période législative ;
  • un ajustement du REVIS afin d’éviter que certains ménages ne tombent durablement dans la pauvreté ;
  • un allègement fiscal immédiat pour les ménages monoparentaux et les ménages avec de nombreux enfants.

Ces transferts sociaux augmenteraient de manière durable le pouvoir d’achat d’une partie non-négligeable de la société luxembourgeoise et l’économie nationale en bénéficierait également dans certains de ses secteurs.

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