Un Noël au milieu des ruines...

Lundi 26 novembre 2018

Il y a un mois, Marie-Josée Jacobs, Présidente de Caritas Luxembourg, a pris la route du Liban. Dans un camp proche de Beyrouth où vivent environ 600 réfugiés syriens, elle a notamment fait la connaissance de Samira. Elle est enceinte et vit dans une toute petite tente avec son mari et ses 3 enfants. Aucun d’eux n’est scolarisé, car Samira et son mari n’ont pas de quoi payer le transport jusqu’à l’école. Les maigres économies du couple servent en effet à payer l’emplacement de leur tente ou à acheter du mazout pour se chauffer.

Les enfants qui vivent dans le camp riaient et avaient l’air joyeux. Mais leurs rires laissent un goût amer et un énorme sentiment d’impuissance. Ils cachent surtout une bien triste réalité. Les enfants syriens nés en exil au Liban ne peuvent en effet pas y être enregistrés. Ces enfants se retrouvent dès lors sans nationalité, sans existence légale et sans droits. De quoi sera fait l’avenir pour ces dizaines de milliers d’enfants apatrides ?

François Large, collaborateur de Caritas Luxembourg, s’est lui rendu fin octobre en Syrie même, pour évaluer les besoins les plus urgents.

Son constat est sans appel. Le pays est dévasté. Certaines villes sont totalement détruites. Sans parler des traumatismes liés à ce qu’ont vus et vécus ces enfants, ces femmes et ces hommes, et pour toujours ancrés dans leur mémoire.

Tous ont besoin de nous ! Ils sont toujours des millions à être déplacés au sein même de leur propre pays. Notre devoir est de les aider, en leur donnant de quoi se nourrir et se mettre à l’abri d’abord, puis en les aidant à reconstruire leur maison, leur pays, leur vie. Et c’est pour réaliser tout cela que nous faisons appel à vous aujourd’hui.

40€ permettent déjà d’offrir de quoi se nourrir durant deux semaines à une famille. Avec 110€, une famille recevra tout le nécessaire pour se construire un abri. Combien de familles allez-vous soutenir avec nous cet hiver ?

François Large, Coordinateur de l’aide humanitaire de Caritas Luxembourg, s’est rendu à Homs en Syrie en octobre dernier.

François, comment est la situation actuellement en Syrie ?
Dans les zones sous contrôle gouvernemental, c’est-à-dire dans la plupart des villes, il n’y a plus de combats. Mais les obus et les tirs de mortier ont détruit une grande partie des habitations. Des quartiers entiers ne sont plus que des ruines. Au nord-ouest et à l’est du pays par contre, des combats persistent. Pour nous bien sûr, intervenir dans un pays en guerre est très compliqué et cela comporte toujours des risques. Il faut assurer la sécurité de nos collaborateurs et de nos partenaires, tout en parvenant à aider au mieux la population.

Que fait exactement Caritas Luxembourg sur le terrain ?
Nous sommes présents et soutenons la population syrienne depuis le début de la crise en 2011 et avons notamment déjà distribué plus de 360.000 repas chauds ! L’aide que nous apportons aujourd’hui est très diversifiée, mais demeure malheureusement insuffisante. Les personnes déplacées qui ont fui les combats ont tout laissé derrière elles pour prendre la fuite. Elles se retrouvent dès lors dénuées de tout et totalement dépendantes de l’aide humanitaire. L’essentiel est donc de leur donner de quoi survivre. Nous fournissons des repas chauds à des orphelinats et des centres de santé, ainsi qu’aux déplacés qui ont fui les combats. Ensuite, les familles reçoivent des colis alimentaires, le nécessaire pour leur hygiène et de quoi construire un abri dans un champ ou un bâtiment vide. Nous avons rénové un orphelinat et continuons de soutenir les enfants qui s’y trouvent et qui avaient été évacués d’Alep en décembre 2016. Nous avons également rénové plusieurs centres de santé. Face au constat du manque de gynécologues et de sages-femmes, et avec un taux de mortalité à la naissance qui grimpait en flèche, nous avons également pris la décision de soutenir la formation de nombreuses sages-femmes, afin d’inverser cette tendance. Enfin, dans les zones aujourd’hui sécurisées, comme à Homs par exemple, les survivants reviennent petit à petit et cherchent à reconstruire ce qui reste de leur habitation. Alors, nous les aidons dans cette tâche. Avec l’hiver qui approche, nous leur fournissons des portes et des fenêtres, de quoi isoler un minimum une pièce ou deux de leur logement, afin qu’ils puissent y passer l’hiver.

Dans quel état d’esprit se trouve la population ?
Ils n’ont qu’un seul souhait : que le cauchemar s’arrête, que les combats cessent et qu’ils puissent retrouver une vie normale. Les familles, en particulier les mères seules avec des enfants, ont besoin d’aide extérieure, pour survivre d’abord, puis pour reconstruire. Au vu des ruines, le retour semblait impossible et pourtant la vie revient. On entend désormais les enfants jouer, et le bruit des marteaux et des travaux de reconstruction. Il faudra du temps, mais la paix est possible, j’en suis persuadé ! En attendant, notre aide et notre présence sur place sont plus que jamais indispensables !