Un vivre-ensemble qui se cultive

Lundi 17 mai 2021

Dimanche dernier, c’était la journée mondiale du vivre-ensemble. A cette occasion, nous sommes allés voir comment se passe le vivre-ensemble dans un foyer pour demandeurs de protection internationale. Interview avec Marie Heintz, responsable du foyer d’Esch/Alzette qui accueille une 50aine d’hommes seuls. 

Comment se passe le vivre-ensemble dans le foyer ?

De manière générale, cela se passe plutôt bien. Il faut dire que les personnes sont assez libres et que leur vie se passe plutôt à l’extérieur du foyer. Elles sortent pour travailler, se rendre à leurs cours et pour voir les amis qu’elles ont en dehors du foyer. Les personnes ne sont pas en permanence les unes sur les autres dans le foyer: cela aide beaucoup. Il peut y avoir de temps en temps des tensions dans les dortoirs – ce n’est pas évident de partager des chambres avec d’autres personnes, qui, peut-être, ronflent, se couchent ou se lèvent à d’autres horaires que vous, etc.. Nous intervenons alors comme médiateurs et tentons d’apaiser les esprits en trouvant des solutions même si nous n’avons pas toujours la possibilité de proposer aux personnes de changer de chambre… Le foyer est souvent au complet.

Mais dans l’ensemble cela se passe très bien, surtout entre personnes de la même origine. D’ailleurs, lorsqu’un nouveau arrive au foyer, il est pris en charge par les personnes de sa communauté, qui lui montrent tout, qui lui donnent des conseils, qui font les traductions s’il ne maîtrise pas encore le français, etc. 

Nous remarquons souvent que les résidents restent essentiellement avec les personnes de leur communauté et n’ont pas nécessairement de contact avec les autres. Ce phénomène est certainement dû aux différences de langue qui limitent les échanges. Seules certaines personnes qui sont là depuis longtemps font exception. Elles sont souvent des références pour l’ensemble des résidents. 

Nous remarquons également que malgré les différences religieuses, ethniques, culturelles, etc. qui existent, les résidents cohabitent assez bien.

De manière général, il y a une grande solidarité et une grande entraide.  Cette solidarité se voit, par exemple, lorsqu’un des résidents est en difficulté. Il y a toujours quelqu’un pour l’accompagner et l’encourager. Il n’est pas seul.

Et le vivre-ensemble avec la population eschoise ?

Le vivre-ensemble avec la population eschoise se passe très bien aussi. Les habitants d’Esch sont souvent surpris d’apprendre qu’il y a un foyer pour DPI ici. Les résidents sont discrets et sans histoires. 

D’un autre côté, nous faisons tout pour que nos résidents aient des contacts avec la population. Nous avons développé un partenariat avec de nombreuses institutions et associations de la ville (Kulturfabrik, service de l’Egalité, service Jeunesse, la paroisse, l’équipe des Francofolies et de la Nuit de la Culture, Inter-Actions, etc.) et nos résidents vont donner un coup de main lorsque ces dernières organisent des événements comme le Kulturlaf, « Sport, Spill a Spaass », la Journée Jeunesse, la Marche de la Paix, la Nuit de la Culture, le Marché de Noël. L’objectif est qu’ils s’impliquent dans la vie de la commune et se mélangent au reste de la population.  Cela ne peut que leur être bénéfique : ils sortent du foyer, pratiquent la langue, font de nouvelles connaissances, acquièrent de nouvelles compétences, montrent aux gens de quoi ils sont capables, s’ouvrent des perspectives - pourquoi pas de travail -, donnent une belle image des réfugiés et contribuent ainsi à un meilleur vivre-ensemble.

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