Carole Reckinger - Etre la voix des personnes que nous accompagnons

Dimanche 6 octobre 2019

Depuis quelques mois, Carole Reckinger, a pris en charge la veille sociale et politique de Caritas Luxembourg.

Quelle est la place de la veille sociale et politique dans le travail d’une organisation comme Caritas Luxembourg ?

C’est primordial car une organisation qui aide les personnes en difficultés au quotidien sur le terrain ne peut se contenter de soigner les plaies. Au contraire, il faut qu’elle agisse pour prévenir les situations de détresse et pour que les personnes n’aient pas besoin de recourir à son aide. Il faut qu’elle puisse proposer des solutions pour améliorer durablement la vie des personnes. D’où l’importance d’analyser les facteurs qui mènent à la précarité.

Quelles sont les grandes thématiques qui vous intéressent tout particulièrement ?

C’est bien sûr tout ce qui a trait à la pauvreté et aux inégalités dans notre société. Nous suivons, par exemple de près, tout ce qui concerne le REVIS, le logement, mais aussi le climat dont l’impact social commence à se faire ressentir aussi au Luxembourg.

Comment agissez-vous ?

Notre action se fait à plusieurs niveaux. Nous suivons de près la politique luxembourgeoise et européenne. Nous travaillons pour cela en réseau et faisons partie de plusieurs groupes de travail que ce soit au niveau du gouvernement luxembourgeois ou de l’Europe. Cela nous permet de réagir rapidement.

Nous rédigeons aussi des positions et faisons pression auprès des instances publiques pour changer la situation.

En même temps, nous essayons de sensibiliser le grand-public et de stimuler le débat public autour des thématiques de la précarité. C’est pour cela que nous  publions tous les ans le Sozialalmanach.

Sur quoi fondez-vous votre action ?

Notre principale source ce sont les personnes que nous accompagnons dans nos différentes structures que ce soient dans les épiceries sociales, dans les structures d’urgence pour personnes sans-abri ou dans les foyers pour réfugiés. A travers nos travailleurs sociaux sur le terrain, nous relevons les difficultés qu’elles rencontrent pour mener une vie digne et portons leur voix auprès des instances publiques. Ceux que nous aidons ont généralement bien du mal à se faire entendre. D’où l’importance pour Caritas Luxembourg d’être la voix de toutes ces personnes qui n’ont malheureusement pas de voix. En même temps, le fait de construire notre travail politique sur le vécu réel des personnes que nous accompagnons nous confirme dans notre action.

Est-ce difficile de succéder à Robert Urbé ?

Robert Urbé est irremplaçable. J’espère pouvoir apprendre encore beaucoup de lui et de sa longue expérience. Ce sera toutefois très difficile d’arriver au même niveau et d’accomplir autant que lui.

Quels accents souhaitez-vous mettre dans votre travail ?

Il me tient particulièrement à cœur de pouvoir utiliser mon expérience des relations Nord-Sud pour apporter un nouveau regard sur la problématique de la pauvreté et des inégalités au Luxembourg. Je suis intimement convaincue que de nombreuses problématiques que nous rencontrons au Luxembourg doivent être analysées et comprises dans un contexte plus large. Je pense aussi que beaucoup de problématiques sont liées entre elles comme celles du réchauffement climatique et de la pauvreté, les liens ne sont pas toujours évidents, ni encore analysés. Or, comprendre ces liens est important si l’on veut trouver des solutions efficaces.

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Le bilan de la Caritas Corona-Helpline et le vécu des équipes sur le terrain sont riches en enseignements. Si nous voulons que les personnes et familles ne tombent pas durablement dans la précarité, des mesures doivent être prises rapidement! Retrouvez toutes nos propositions d'action dans le lien ci-dessous!

        

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