Faruk Licina - Lever les barrières

Mardi 2 mars 2021

Faruk Licina a pris en charge en décembre 2020 le service Caritas Inclusion Sociale de Caritas Luxembourg avec la ferme volonté de renforcer encore davantage le travail d’inclusion sociale mené jusqu’alors, de pérenniser les différents projets en cours et d’en lancer de nouveaux. 

Comment travaillez-vous l’inclusion sociale ?

Je suis intimement convaincu que les réfugiés et migrants s’intègrent dans notre société et deviennent de bons citoyens, si on s’assure qu’il n’y a pas de sentiment d’injustice qui s’installe. En effet, c’est difficile de faire des efforts pour s’intégrer si l’on pense, à tort ou à raison, qu’il y a une différence dans le traitement ou que l’on a fait l’objet d’une injustice. S’assurer que les personnes soient bien traitées, que leurs droits soient respectés, qu’elles aient accès comme tout un chacun aux différents services publics, etc. voilà une partie importante de notre travail. Nous intervenons aussi en tant que médiateurs lorsque qu’il y a des conflits ou des tensions. Souvent ces conflits sont dus au fait que les parties se sont mal comprises, mal exprimées, ne connaissaient pas leurs droits et devoirs, etc. L’intervention d’un médiateur, qui permet aux parties de bien se comprendre, permet de régler de nombreux problèmes et d’éviter que ne s’installe justement ce sentiment d’injustice qui freine ou bloque ensuite l’inclusion sociale.

Je pense aussi qu’il est important de donner aux réfugiés et migrants la possibilité de sortir de leur isolement, en rencontrant et échangeant avec d’autres personnes. C’est pour cela que nous avons mis en place des structures comme le Centre Oasis à Wiltz qui est un centre de partages entre personnes d’horizons différents ou la Maison « Le Temps des Femmes » à Mersch, qui vise à sortir les femmes réfugiées et migrantes de l’isolement dans lequel elles se trouvent.

Enfin, un dernier axe de travail est la lutte contre la pauvreté. La pauvreté, sous ses différentes formes, est malheureusement souvent source d’exclusion et d’isolement.

Quels services proposés-vous ?

L’offre est très variée pour répondre aux besoins identifiés. Il y a d’abord le service d’accueil social qui s’adresse aux demandeurs de protection internationale, aux bénéficiaires de protection internationale, aux déboutés du droit d’asile, aux personnes sans papiers ainsi qu’à tout migrant, surtout non-communautaire, qui a besoin d’une aide quelconque. Les personnes y obtiennent des informations en lien avec leurs droits et toutes les procédures qui les concernent spécifiquement, des informations utiles pour faciliter la vie quotidienne au Luxembourg, une aide dans la constitution de leur dossier, la traduction de certains de leurs documents, une assistance dans les démarches en vue du regroupement familial. Une aide spécifique pour les personnes victimes de la traite humaine, ainsi que pour les demandeurs de protection internationale concernés par le règlement Dublin II, y est également proposée.

Des formations sont aussi dispensées aux personnes d’origine étrangères pour apporter les connaissances et les outils nécessaires afin de pouvoir bien intégrer le pays d’accueil.

Il y ensuite les services d’aide aux jeunes comme Educ’actif, qui aide les jeunes réfugiés et migrants à trouver leur place dans notre société, et Form’actif, qui les soutient dans le cadre de leur orientation scolaire et leurs formations scolaire et professionnelle. Nous sommes convaincus à Caritas qu’il est important de mettre l’accent sur les jeunes et d’investir dans leur avenir.

Un autre service est le Centre Oasis à Wiltz dont l’objectif est le rapprochement de personnes de nationalité et de cultures différentes. La Maison « Le Temps des Femmes » de Mersch, quant à elle, cible les femmes réfugiés et migrantes en renforçant l’estime qu’elles ont d’elles-mêmes.

Enfin, les épiceries sociales sont un autre volet important de notre aide. Les « Caritas Buttek » proposent aux personnes touchées par la pauvreté des produits à des prix jusqu’à 70% moins chers. La plupart d’entre elles intègrent aussi une « Kleederstuff » où les personnes peuvent obtenir des vêtements de seconde main.

Quels sont vos projets pour le futur ?

Pour moi, il s’agit pour le moment de continuer le travail d’inclusion sociale mené jusqu’à maintenant, de le renforcer, et de veiller à pérenniser financièrement les projets pilotes que le service mène et qui sont à mes yeux essentiels comme la Maison « Le Temps de Femmes » ou le projet UBUNTU pour les personnes touchées par le Règlement Dublin II. Il s’agit aussi d’être innovateurs, surtout en ces moments difficiles, qui nous forcent tous à nous réinventer. La crise sanitaire affecte déjà de manière importante notre public.

Qu’est-ce qui vous plaît dans ce que vous faites ?

C’est bien sûr le fait d’aider les personnes et de me sentir utile. Je reçois aujourd’hui encore des coups de téléphone pour des conseils de personnes que Caritas Luxembourg accompagnait voilà 20 ans. Cela fait plaisir de savoir que nous avons marqués positivement ces personnes. Ce qui me réjouit aussi c’est de pouvoir transmettre mon expérience du terrain à mes collègues plus jeunes, et j’espère leur être de bon conseil !

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