José Cordobès - Retrouver l’estime de soi grâce au travail

Jeudi 18 mars 2021

José Cordobès est assistant social et s’occupe depuis 2019 du suivi des personnes bénéficiaires du REVIS employées dans le cadre d’une mesure d’activation dans les différents services de Caritas Accueil & Solidarité. 

Comment êtes-vous devenu assistant social ?

J’ai découvert le métier par hasard. Je faisais des études supérieures en sciences économiques et j’avais des difficultés à suivre certains des cours, principalement ceux sur des sujets très abstraits. Je n’arrivais pas à en comprendre l’utilité. Les cours plus concrets, par contre, m’intéressaient beaucoup.  Du coup, des copains qui faisaient des études d’assistant social m’ont dit de les rejoindre car ce qu’ils étudiaient correspondait mieux à ce que j’aimais faire. Ils ne se sont pas trompés. 

En quoi consiste votre travail ?

Mon travail est très varié. Il s’agit d’abord d’identifier en interne chez Caritas Accueil & Solidarité les besoins en renfort des équipes et les possibilités d’occuper des personnes bénéficiaires du REVIS en mesure d’activation. Actuellement, Caritas Accueil & Solidarité occupe une cinquantaine de personnes dans le cadre de ces mesures, principalement en cuisine, à la réception, dans l’équipe technique. Nous avons également à Kopstal un projet de jardinage et un second de coupe de bois de chauffage et sommes en constante réflexion pour développer de nouveaux projets. Lorsque les besoins sont identifiés, je les transmets aux Agents Régionaux d’Inclusion Sociale (ARIS) qui m’envoient les personnes qu’ils suivent et qui seraient intéressées par l’un ou l’autre travail dans le cadre de leur projet individuel d’insertion social. La personne signe alors un contrat TUC avec Caritas Luxembourg et est intégrée dans l’équipe. Un suivi régulier est mis en place afin de s’assurer que la personne se sente bien dans son poste et que le travail qu’elle fait contribue bien à la réalisation de son projet individuel d’insertion sociale. Des évaluations sont faites régulièrement. Elles prennent en compte non seulement l’aspect travail, mais aussi tous les autres aspects de sa vie et s’il y a un besoin de sa part, j’essaie de l’aider au mieux. En parallèle à mon suivi socio-professionnel, interviennent également les encadrants métiers qui prennent en charge la formation et le suivi journalier du travail de la personne.

Qui sont les personnes concernées par ces mesures d’activation ?

Ce sont des personnes qui pour différentes raisons – médicales, absence de maîtrise de la langue, problème de dépendance, expérience de sans-abrisme – n’arrivent pas à occuper des postes sur le premier marché du travail. La plupart d’entre elles ne travaillent d’ailleurs que 20 à 30 heures par semaine, le reste étant consacré soit à l’apprentissage des langues si elles sont bénéficiaires de protection internationale, soit au suivi médical, soit à d’autres mesures socio-éducatives.

Pourquoi est-ce que ces mesures d’activation sont-elles importantes ?

Ces mesures permettent à ces personnes de retrouver l’estime de soi. Grâce à leur travail, dans une association comme Caritas Luxembourg, elles se sentent valorisées et ont l’impression de faire quelque chose d’utile non seulement pour elles-mêmes, mais aussi pour la société. Beaucoup me disent, que ce qui est important pour elles c’est de montrer à leur famille, à leurs enfants surtout, qu’elles sont capables d’aller travailler comme tout un chacun. En même temps, ces mesures sont l’occasion pour les personnes de sortir de chez elles, de rencontrer d’autres personnes et de se sentir moins isolées. Enfin, grâce à leur travail, elles acquièrent des compétences qu’elles n’avaient pas et augmentent ainsi leur employabilité. Pour les bénéficiaires de protection internationale, c’est aussi l’occasion d’utiliser la langue qu’ils apprennent avec leurs collègues et de sortir du cadre stricte du cours de langue. C’est pour toutes ces raisons que chez Caritas Luxembourg nous portons beaucoup d’importance à ces mesures d’activation.

Si vous pouviez exprimer un souhait, lequel serait-il ?

Mon souhait serait que les personnes que nous occupons dans le cadre d’une mesure d’activation puissent bénéficier de formations professionnelles en plus du savoir-faire qui leur est transmis par les instructeurs-encadrants et que les compétences qu’elles acquièrent chez nous puissent être certifiées d’une manière ou d’une autre. Cela leur permettrait non seulement d’être plus compétitives sur le marché du travail, mais aussi de se sentir encore plus valorisées.

Qu’est-ce qui vous plaît tout particulièrement dans ce travail ?

C’est la relation que l’on peut construire avec la personne. C’est une relation qui se fait à hauteur des yeux, basée sur la transparence et des objectifs communs.

Une autre chose que j’aime particulièrement c’est que l’amélioration de la situation des personnes est perceptible dès les premières semaines. On sent que grâce au travail les personnes sont mieux dans leur peau, plus sûres d’elles, plus autonomes. Cela fait plaisir de les voir évoluer positivement.

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