Lynn Weis - L’important c’est de construire une bonne relation

Lundi 16 septembre 2019

Lynn Weis travaille chez Caritas Jeunes et Familles depuis plus de 11 ans. Elle s’occupe d’un groupe de vie composé de jeunes filles ayant un passé difficile, mais souhaitant absolument s’en sortir. Un vrai challenge pour cette éducatrice de métier, mais aussi une satisfaction au quotidien.

Comment êtes-vous arrivée dans ce métier ?

J’ai toujours souhaité travailler dans le social. Cependant, ce n’est que pendant mon stage que je me suis rendu compte à quel point j’aimais travailler avec des jeunes. Pourquoi justement avec des jeunes ?Je trouve que l’on a une marge de manœuvre encore très importante pour les guider au mieux et, de plus, on obtient rapidement des résultats concrets. C’est très motivant !

Quelles sont, selon vous, les qualités d’un bon éducateur ?

Il faut se montrer compréhensif envers ceux que l’on accompagne. Je suis convaincue qu’il y a une raison pour chaque comportement et que la solution est dans la compréhension même de cette raison. En même temps, il faut savoir prendre une certaine distance par rapport à son travail, sinon on est vite submergé et on n’a plus l’esprit serein pour prendre les bonnes décisions. Si l’on n’est pas résistant (« belastbar »), ce sera très difficile. Enfin, je pense qu’il faut aussi une bonne dose d’humour, surtout quand on travaille avec des jeunes filles. Cela aide beaucoup !

Est-ce qu’il y a des choses auxquelles il faut particulièrement faire attention lorsqu’on travaille avec des jeunes filles?

Il n’y a pas de grande différence avec d’autres publics. L’important c’est de construire une bonne relation. La seule chose qui me vient peut-être à l’esprit est le rapport avec le temps. Les filles sont constamment en retard, surtout quand on fait des sorties. Il faut l’avoir en tête quand on fait son planning.

Qu’est-ce qui vous plait particulièrement dans ce que vous faites ?

Outre l’échange avec les jeunes filles, leurs familles et les professionnels du secteur, il y a non seulement le fait d’arriver à un rapprochement des différents points de vue, mais aussi de voir des changements positifs dans la vie des jeunes que l’on accompagne.

Et qu’est ce qui est moins bien ?

C’est d’abord le temps d’attente. Certaines démarches administratives sont malheureusement très longues et il faut être très patient. C’est aussi de voir que certaines personnes refusent de se faire aider. Cela arrive de temps en temps. On se sent alors très impuissant. Notre travail mise sur la coopération des personnes.

Qu’est-ce qui vous renforce au quotidien ?

Ce qui me motive c’est de voir les progrès que les jeunes filles font. Même si les jeunes filles sont placées par décision judiciaire chez nous, la plupart ont voulu venir de par leur propre gré dans le groupe de vie et travailler avec nous sur leurs points faibles. Du coup, elles montrent une bonne motivation que nous essayons de renforcer par notre approche pédagogique qui favorise la construction d’une relation de confiance sans pour autant négliger un certain cadre.

Est-ce qu’il y a des principes que vous vous êtes fixés et que vous suivez impérativement dans votre travail ?

Oui, il y en a deux. Le premier est celui de veiller à tout prix à un bon équilibre entre ma vie professionnelle et ma vie de famille. Il est essentiel de faire une césure sinon on n’arrive pas à se ressourcer.L’autre, c’est l’importance de pouvoir faire confiance à son équipe. Je suis contente de voir que le groupe continue à bien fonctionner même en mon absence.

Conseilleriez-vous ce métier à un jeune ?

Oui, s’il a la personnalité pour le faire. D’ailleurs, quelques-unes des jeunes filles que nous avons suivies dans notre groupe de vie ont choisi ce métier. Pour le métier, c’est bien sûr un enrichissement inestimable car elles apportent le point de vue et le vécu de celui qui a besoin d’aide. Enfin, pour nous, c’est le signe que nous avons quelque part avec notre travail marqué positivement ces jeunes filles.

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