La rentrée scolaire se prépare dans les foyers pour réfugiés

Wednesday 11 September 2019

La rentrée scolaire se prépare consciencieusement dans les foyers pour réfugiés comme en témoignent Juliana Fernandes, assistante sociale en charge du foyer pour réfugiés Saint Antoine à Luxembourg-Ville, et Nadine Jacquot, agent social du service Educ’actif de Caritas Luxembourg localisé au foyer Saint Antoine.

Où sont scolarisés les jeunes réfugiés dont vous vous occupez ?

Nous avons ici au foyer Saint Antoine quelques jeunes enfants, qui sont inscrits à l’école fondamentale de Belair, et une quarantaine de jeunes entre 16 et 20 ans, pour la plupart des jeunes arrivés seuls au Luxembourg, sans leurs parents, et qui sont scolarisés selon leur niveau et leur choix de métier, soit dans des classes d’alphabétisation, soit dans des classes d’accueil dans les lycées du pays, soit dans des classes normales des lycées des alentours, ou bien dans des classes du service de formation des adultes, s’ils ont plus de 18 ans. L’orientation se fait par la Cellule d’accueil pour élèves nouveaux arrivants (CASNA) du Ministère de de l’Education nationale, de l’Enfance et de la Jeunesse. Ils sont répartis un peu partout dans le pays et doivent pour certains se lever très tôt. Mais ils le font volontiers.

Comment les accompagnez-vous dans leur scolarité ?

Le suivi des jeunes dans leur scolarité est un grand volet de notre travail, non seulement parce que l’école prend une grande place dans la vie des jeunes, mais aussi parce que nous sommes convaincues que leur intégration dans la société passe par l’école. Les jeunes en sont d’ailleurs conscients et sont dès lors très motivés pour réussir.  

Notre soutien est d’abord administratif. Nous nous chargeons, par exemple, quand ils arrivent au Luxembourg, de prendre rendez-vous avec le service d’orientation du Ministère de l’éducation nationale afin qu’ils puissent intégrer rapidement une classe.

Notre soutien est aussi matériel. Nous regardons avec eux ce dont ils ont besoin pour leurs études et comment le financer. Le matériel scolaire et les équipements pour des apprentissages sont très chers et ne sont pas toujours couverts par les mesures publiques déjà en place. Heureusement nous pouvons alors compter sur la générosité de nombreux donateurs.

Notre soutien est aussi pratique. Nous les aidons, par exemple, à rechercher des patrons pour leur apprentissage. Nous recherchons avec eux des bénévoles pour des cours d’appui. Nous les inscrivons à des cours d’approfondissement proposés par d’autres organismes. Nous les préparons à trouver le chemin de leur nouvelle école quelques jours avant la rentrée scolaire. Nous les accompagnons dans l’achat de matériel, les prises de mesures pour les vêtements professionnels. Bien sûr uniquement s’ils le demandent. Certains ont besoin d’aide, surtout quand ils ne pas encore à l’aise avec les langues, d’autres sont beaucoup plus autonomes.

Mais notre soutien est avant tout éducatif. Nous essayons de les conseiller au mieux dans leurs choix, de répondre à leurs questions, d’être à leur écoute s’ils ont des difficultés et de les motiver quand ils sont dans des périodes plus difficiles. Nous essayons de leur proposer des opportunités pour leur développement personnel, scolaire et professionnel, et suivons leur parcours scolaire. Nous sommes également les interlocuteurs des régents de leurs classes, etc.

Quelle est l’attitude des jeunes réfugiés que vous suivez par rapport à l’école ?

Nous devons dire que les jeunes que nous suivons actuellement sont tous très sérieux et très motivés. Ils savent que l’école est la clé pour leur intégration et leur réussite et veulent mettre toutes les chances de leur côté. D’ailleurs, une grande partie des jeunes nous dit que cela ne va pas assez vite et demandent à ce que nous leur recherchions des cours supplémentaires pour accélérer leur apprentissage des langues, ainsi que des stages ou des semaines de découverte pour approfondir leurs connaissances professionnelles. Bien sûr il y a des moments de découragement, de désintérêt ou de mal-être. Certains jeunes ont plus de difficultés à évoluer comme ils souhaiteraient évoluer. D’autres se sentent stigmatisés par leur statut de demandeur de protection internationale et les faibles moyens dont ils disposent. Mais nous les aidons à retrouver de la motivation. Nous leur montrons tout ce qu’ils ont accomplis depuis leur arrivée au Luxembourg  et toutes les portes qui leur sont ouvertes.

Le chemin que ces jeunes ont parcouru est vraiment très impressionnant et nous sommes très fières d’eux !

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