Impacter durablement

Thursday 18 April 2019

Subhash Saha travaille pour Caritas Luxembourg au Bangladesh. Il y supporte les différents partenaires dans les nombreux projets de Caritas Luxembourg. Il était dernièrement au Luxembourg pour échanger avec l’équipe de la coopération internationale. Nous avons profité de sa présence au Luxembourg pour en savoir plus sur son travail.

Quel est votre mission auprès de Caritas Luxembourg ?

Ma mission est de faire en sorte que les projets que Caritas Luxembourg mène au Bangladesh aient l’impact le plus grand et le plus durable possible sur les populations. J’aide les partenaires des projets à prendre de la distance par rapport à leur travail quotidien et à se poser les bonnes questions au bon moment afin que les efforts qui sont réalisés et les ressources financières qui sont débloquées puissent  dépasser les effets escomptés, ce au grand bénéfice des populations. Je travaille avec l’ensemble des parties prenantes des projets : collaborateurs des ONG partenaires, bénéficiaires de projets  et communauté dans laquelle ils vivent. L’implication de toutes ces parties dans le projet permet non seulement d’être au plus près des besoins et d’avoir un retour direct des bénéficiaires sur ce que le projet leur apporte, mais aussi d’avoir un effet multiplicateur inimaginable.

Les bénéficiaires ont beaucoup d’idées sur comment améliorer leur quotidien et celui de leur communauté.

Nous essayons d’intégrer toutes ces idées et recommandations dans nos projets.

Pouvez-vous nous donner un exemple ?

Dans le cadre de certains projets, nous organisions des formations à destination des femmes. Or, dès les premières séances, les femmes nous ont proposé d’inclure également  les hommes dans la formation étant donné que le contenu pouvait les intéresser fortement et qu’il leur paraissait impossible d’initier un quelconque changement sans que leurs maris et l’ensemble de la communauté ne soit inclus. Grâce à ce retour et à l’intégration des hommes dans les formations, nous avançons aujourd’hui beaucoup plus vite dans les différents projets.

Quels sont les projets que Caritas Luxembourg mène au Bangladesh ?

Caritas Luxembourg travaille sur 6 thématiques, toutes très importantes pour le pays.

Il y a d’abord la mise en place de crèches pour les enfants des travailleuses de l’industrie du textile afin que les enfants ne trainent plus toute la journée seuls dans la rue pendant que leurs mères travaillent. Ce projet comprend également un volet formation pour que les femmes qui ne travaillent pas puissent ouvrir leur propre garderie chez elles et ainsi contribuer au revenu familial.

Il y a ensuite le programme d’information sur les risques liés à l’immigration pour que les personnes souhaitant aller travailler à l’étranger puissent le faire en toute sécurité, sans devenir la proie de trafics humains.

Un autre projet qui me tient particulièrement à cœur est le soutien de centres de réhabilitation pour les personnes toxicomanes. Ces dernières sont malheureusement de plus en plus nombreuses au Bangladesh. Des « streetworkers » identifient les personnes dans la rue et les orientent vers des centres où elles reçoivent ensuite un soutien et un accompagnement.

Nous avons également tout un programme d’adaptation aux changements climatiques afin que les fermiers dont la survie dépend des récoltes puissent avoir les ressources suffisantes pour affronter les inondations : diversification des sources de revenus, surélévation des maisons et des granges de stockage des récoltes. Il faut dire que le Bangladesh est malheureusement le pays au monde le plus touché par les changements climatiques, d’où l’importance de ce projet.

Un autre projet a pour objectif la mise en place de centres informatiques pour que les villageois puissent accéder aux connaissances véhiculées par Internet. Cela leur permettra, par exemple, d’en savoir plus sur les maladies qui menacent leurs cultures ou, s’ils veulent immigrer, de vérifier si leur futur employeur existe vraiment.

Enfin, dans les camps  de réfugiés rohingyas, nous avons mis en place des centres d’accueil pour les enfants des camps de réfugiés. Beaucoup d’entre eux sont traumatisés, déracinés, certains sont seuls. Il est important de mobiliser toute la communauté et de leur offrir un soutien spécifique afin qu’ils puissent entrevoir un avenir meilleur.

Qu’est-ce qui vous motive ?

C’est, d’un côté, la condition misérable dans laquelle vivent mes compatriotes, la certitude qu’il est possible d’améliorer leur situation et la conscience que c’est de notre responsabilité à tous de faire quelque chose pour que les personnes puissent mener une vie digne. De l’autre côté, j’aime le contact avec beaucoup de personnes.

Cela me donne la force de continuer.

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