Mariame Yazback: Des petits conseils pour un grand soulagement

Wednesday 4 July 2018

Mariame Yazback est avocat à la Cour et bénévole auprès de Caritas Luxembourg. Elle assure, une fois par mois et selon les besoins, en compagnie de Cristian Lopez, responsable du bistrot social "Le Courage" une permanence d’orientation en matière juridique et administrative pour les personnes vivant dans la rue ou dans une grande précarité.

Pourquoi proposer ce service ?

Beaucoup de personnes ne savent pas vers qui se tourner lorsqu’elles ont un problème juridique ou administratif. Ceci est d’autant plus vrai lorsqu’elles se trouvent dans des situations précaires voire très précaires. N’ayant pas toutes les informations à disposition, elles sont souvent perdues. Le risque est alors qu’elles sombrent davantage dans leurs problèmes et donc, dans la précarité. Certes, les assistants sociaux du Streetwork sont une aide précieuse. Ils écoutent, rassurent orientent. Cependant, ils n’ont, eux non plus, pas toujours toutes les réponses à telle ou telle spécificité d’une problématique. Aussi, j’essaie d’apporter mon aide, bénévolement, à ces équipes et à ces personnes.

Qu’est ce qui est différent d’une consultation chez un avocat ?

Rares sont les problèmes qui me sont exposés qui finiront devant un tribunal. La plupart sont des problèmes qui peuvent être résolus à l’amiable, en général, en prenant contact avec l’autre partie. C’est d’ailleurs ce que je conseille dans la grande majorité des cas et c’est ce qui rassure les personnes. Dans beaucoup de cas, il y a seulement un document qui manque ou un courrier qui a été mal compris, une procédure à expliquer, etc. Beaucoup viennent aussi me voir pour être seulement rassurés, pour qu’on leur confirme qu’ils sont sur la bonne voie. Une autre différence c’est le contexte et la façon dont se font les permanences. Je travaille en collaboration avec Cristian Lopez qui gère les demandes. Les personnes sont orientées chez lui par les assistants sociaux du Streetwork de Caritas Luxembourg ou d’autres structures du réseau social. Quand il y a assez de demandes il me contacte et nous organisons une permanence. Les personnes sont accueillies à la Téistuff, une structure sociale qu’elles connaissent pour la plupart. Nous prenons le temps de les écouter et les personnes prennent également leur temps pour nous exposer leur problème. Elles sont, dès le départ, moins stressées. Dans ce contexte, il est évident que la relation avec les personnes est complètement différente que dans un cabinet d’avocat. Le fait que nous fassions ces permanences à deux, l’avocate et le travailleur social, rassure les personnes et en même temps me permet de mieux cerner la personne et son problème et de proposer des solutions réalistes pour elle. Le travail en équipe est important.

Qu’est-ce qui vous motive ?

C’est de voir le soulagement dans les yeux des personnes lorsqu’elles se rendent compte qu’elles ne sont plus seules face à leur problème et qu’une solution existe.

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