Soudan du Sud

Le Soudan du Sud est un pays à l’équilibre fragile et précaire. En plus des guerres incessantes qui poussent la population à abandonner ses terres pour se mettre en sécurité, le pays souffre à présent d'une sévère famine.

L’ampleur des besoins humanitaires est sans précédent, avec une personne sur trois déplacée de son foyer. Le nombre de personnes en situation d’insécurité alimentaire sévère a quant à lui atteint 6,3 millions de personnes, sur une population totale de 11 millions.

La famine au Soudan du Sud est le fruit de facteurs climatiques – dont notamment la sécheresse et le manque de semences - mais aussi et surtout de la guerre qui s’est étendue à tout le pays l’année dernière. Cette guerre a fait de nombreux morts et a provoqué d’importants déplacements de population : environ 1,7 million de personnes sont déplacées à l’intérieur même du pays et 2,45 millions sont réfugiées dans les pays voisins. Des fermes agricoles et des villages entiers ont été pillés par les groupes armés. La majorité des activités liées à l’agriculture a cessé et le pays fait face à une pénurie de produits agricoles de première nécessité, comme le maïs, les haricots ou le millet. La guerre s’est également accompagnée d’une recrudescence de l’insécurité sur les routes, rendant difficile l’accès et donc l’approvisionnement des zones les plus touchées par la famine. Les prix des rares produits disponibles sont devenus trop élevés. La population s’est appauvrie et ne peut accéder aux produits encore disponibles sur le marché.

Bien que le nord du pays soit particulièrement touché par la famine, des centaines de milliers de personnes souffrent également de la faim dans la région où Caritas Luxembourg est active depuis de nombreuses années. Caritas Luxembourg y distribue de la nourriture, construit des abris pour les personnes déplacées, fournit des soins de santé de base et relance l’agriculture.

Un collaborateur permanent sur place

C’est dans ce contexte difficile que François Nzabahimana, collaborateur permanent de Caritas Luxembourg au Soudan du Sud, travaille au quotidien. Depuis plusieurs années, il est sur place pour coordonner l’ensemble des actions de Caritas Luxembourg et plus particulièrement la distribution de l’aide alimentaire.

« Les personnes les plus touchées par la famine sont aussi les plus vulnérables, notamment les femmes enceintes et les enfants de moins de 5 ans. L’impact du manque de nourriture est beaucoup plus important pour eux. Dans certaines zones, la malnutrition générale touche 30% des enfants », explique François.

Les projets de Caritas Luxembourg au Soudan du Sud visent principalement à lutter contre lamalnutrition et à améliorer l’agriculture. Des semences et des cochons sont ainsi par exemple distribués aux fermiers. Les agriculteurs sont formés à de nouvelles techniques de culture et reçoivent les conseils d’agronomes. La production agricole s’en ressent. Grâce aux revenus supplémentaires liés à la revente de leurs produits, certains fermiers ont ainsi pu pour la première fois payer les frais de scolaritéde leurs enfants.

Mais l’une des actions les plus importantes reste le programme de lutte contre la malnutrition des enfants de moins de 5 ans ainsi que des femmes enceintes et allaitantes. Dans chaque village, Caritas Luxembourg collabore avec des mamans éducatrices. Il s’agit de femmes qui ont été préalablement formées et qui sont chargées de détecter les cas de malnutrition, de donner des conseils aux jeunes mamans ou encore de les former dans la production de compléments alimentaires en utilisant des produits et des légumes locaux.

« J’ai visité pour la première fois en mars 2017 le village de Aleya, dans lequel presque tous les enfants en-dessous de 5 ans présentaient des signes de malnutrition. Avec la nutritionniste du projet et les mamans éducatrices des villages voisins, nous avons mené des actions spécifiques de formation, de sensibilisation et de fabrication de porridge. Lors de ma récente visite dans ce village, j’ai constaté un réel changement: les mamans connaissent à présent beaucoup mieux les causes et les symptômes de la malnutrition, et quelles réponses elles doivent y apporter. Les enfants sont en bien meilleure santé. Ils reçoivent pour la plupart trois repas par jour, dont du porridge à base de millet. De nombreuses familles ont aussi aménagé des jardins familiaux qui leur permettent de profiter de plus de légumes », témoigne François Nzabahimana

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