Une structure pour les plus vulnérables

Lundi 7 décembre 2020

Depuis juin, Caritas Luxembourg gère à Liefrange une structure provisoire qui accueille des personnes et familles réfugiées particulièrement vulnérables et qu’il est important de protéger du COVID-19. Interview avec Lena Hatto en charge de cette structure.

Pourquoi cette structure ?

Nous avons ouvert cette structure pour isoler des personnes ou des familles qui vivent dans des foyers pour réfugiés et qui sont particulièrement vulnérables du point de vue de la santé, de sorte qu’il était difficile de les laisser dans le foyer où elles étaient. Dans les foyers pour réfugiés,  les personnes vivent assez proches les unes des autres. Il est difficile de tenir de grandes distances. Lors du premier confinement, l’ONA nous avait demandé de voir quelles étaient les personnes et familles particulièrement vulnérables. Nous avions établi une liste  de personnes et familles avec leurs pathologies respectives. L’Inspection sanitaire a alors sélectionné les personnes et familles à isoler à tout prix.

Combien de personnes sont accueillies ?

Nous accueillons actuellement 16 personnes de 5 familles différentes. Quelques familles ont déjà quitté le foyer parce que d’autres opportunités de logement ont été trouvées pour elles. A un certain moment, nous étions complets avec 27 personnes de 8 familles différentes. Les pathologies représentées sont très diverses, mais assez lourdes. Je passe une grande partie de mon temps à les accompagner à travers le système de santé, d’un rendez-vous médical à l’autre. D’où l’importance de les protéger en particulier.

Comment se passe la cohabitation ?

Chaque famille vit séparée de l’autre. C’est l’objectif de la structure. Bien sûr ce n’est pas évident. Les familles ressentent un grand isolement, aimeraient avoir des visites, pouvoir cuisiner ensemble et partager des moments conviviaux. Nous n’organisons aucune activité commune, comme c’est le cas dans d’autres foyers, afin d’éviter tout risque.  Les seules activités qui sont possibles ici ce sont les balades en famille dans les belles forêts environnantes et il faut dire que les familles en ont profité pour sortir et s’aérer. Nous avons également mis à disposition de chaque famille une tablette afin qu’elle puisse rester connectée avec les membres de leur famille et leurs amis, mais aussi poursuivre leurs apprentissages scolaires.

Et les enfants ?

Les enfants de moins de 12 ans reçoivent un enseignement sur place. Il s’agit de 4 enfants de 2 familles différentes. Les enfants peuvent jouer entre eux, mais ne peuvent pas jouer avec les enfants du village afin de garder ce cordon de sécurité. Pour les plus grands, ils prennent le bus et se rendent dans leur lycée, ce qui n’est pas évident car les distances sont importantes. 

Comment est l’ambiance générale ? 

Les familles sont contentes de loger dans un si beau cadre et qu’on prenne soin de leur santé en ces moments très difficiles. Ceci dit, comme tous les réfugiés, elles sont anxieuses car elles ne savent pas de quoi est fait leur avenir. Certaines d’entre elles, sont au Luxembourg depuis un an, sont impatientes de pouvoir s’intégrer, mais n’ont pas encore pu faire grand-chose à cause du Covid-19. Elles aimeraient se poser quelque part et pouvoir enfin commencer à vivre. 

Et vous, quel est votre sentiment ?

Je fais tout pour que les familles se sentent bien ici et en sécurité. A ce jour, nous n’avons pas eu de cas positif dans la structure. C’est déjà un succès. Ceci dit, j’espère que le Covid-19 sera bientôt plus qu’un souvenir et que les familles puissent poursuivre leur chemin vers l’intégration. 

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