À la rue du jour au lendemain

Mardi 6 octobre 2020

Cette année 2020 laissera des traces chez chacun d’entre nous. Plus ou moins profondément marquées. Chez certains, les conséquences de la crise laisseront des cicatrices profondes. Les histoires de vie et les demandes reçues via la Caritas Corona-Helpline mise en place dans la foulée de la crise sanitaire ont démontré que des personnes qui se croyaient à l’abri pouvaient se retrouver à la rue du jour au lendemain, sans aucune idée de l’endroit où elles allaient pouvoir dormir la nuit suivante.

C’est le cas par exemple de Francesco, de sa femme et de leurs 3 petits enfants. Ils venaient d’arriver au Luxembourg lorsque la crise a débuté. Francesco était venu au Luxembourg sur les conseils d’un ami pour y trouver du travail. La crise en a décidé autrement. Très vite, les économies de la famille ont flambé, entre le loyer de leur appartement, les charges, les achats alimentaires et tout le reste. Des problèmes avec le propriétaire et la méconnaissance de la législation en matière de logement ont fini par mettre Francesco et sa famille à la rue. « Jamais, je n’aurais imaginé ça il y a 6 mois. Je venais au Luxembourg pour réussir, pour mettre ma famille à l’abri du besoin, et je me retrouve sans emploi et sans même un endroit où faire dormir mon épouse et mes enfants », nous a-t-il confié lorsqu’il a poussé notre porte.

Maria s’est elle aussi retrouvée soudainement sans logement. C’était déjà l’année dernière. Elle vivait avec son compagnon et leur fille de 2 ans. Femme de ménage sous contrat à durée déterminée, son contrat n’a pas été renouvelé. Sa relation avec son compagnon, pourtant au beau fixe, s’est soudain dégradée. Victime de violences à répétition, Maria a quitté son partenaire et s’est réfugiée dans un hôtel. Très vite, elle s’est retrouvée sans argent pour payer sa chambre. Après une nuit passée dans la rue, elle a finalement contacté Caritas Luxembourg en demandant de l’aide pour elle et sa fille, et surtout pour avoir un endroit où dormir la nuit suivante.

Dans ces deux cas, comme dans toutes les demandes de ce type reçues jusqu’ici, Caritas Luxembourg a pu venir en aide aux personnes concernées, et leur a trouvé un toit, pour une nuit, pour plusieurs, et parfois aussi sur du long-terme.

Aider une famille à se loger durant une nuit coûte en moyenne 57 €.

Des personnes qui se retrouvent à la rue de manière subite, sans comprendre vraiment comment ni pourquoi leur vie a pu basculer de cette manière, et aussi rapidement, il y en a de plus en plus. Ces situations ne sont pas neuves, Caritas Luxembourg y fait face depuis de nombreuses années. Mais la crise a en plus fait émerger une catégorie de nouveaux pauvres : des personnes qui s’en sortaient, parfois bien, parfois déjà difficilement, mais qui arrivaient toujours à joindre les deux bouts, et qui aujourd’hui ont basculé dans la pauvreté. Le sans-abrisme peut ainsi désormais toucher toutes les catégories de personnes. Plus personne n’est à l’abri de devenir un jour sans-abri.

La problématique du logement n’est pas nouvelle, mais dans un contexte inédit, et dans un pays dans lequel les prix des maisons et appartements ne cessent de grimper, se loger est devenu un enjeu quotidien et capital pour beaucoup de personnes. En matière de logement, en plus de ses foyers pour sans-abri - d’urgence ou de longue durée -, de sa Halte de nuit et de ses logements encadrés, Caritas Luxembourg intervient également pour toutes ces personnes qui se retrouvent sans toit du jour au lendemain, et qui ne peuvent être hébergées dans une des structures mentionnées ci-dessus. 

Le bilan de la Caritas Corona-Helpline et le vécu des équipes sur le terrain sont riches en enseignements. Si nous voulons que les personnes et familles ne tombent pas durablement dans la précarité, des mesures doivent être prises rapidement! Retrouvez toutes nos propositions d'action dans le lien ci-dessous!

        

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